Le profil de l’enfant de type 8

27 mars 2008

Le type d’enfants qui se trouve enseignement spécialisé de type8  

Age : de 6 à 13 ans avec une possibilité de maintient pendant deux fois une année, donc jusqu’à 14 ou 15 ans. (Sur avis du conseil de classe et de l’organisme de guidance).

Problèmes : il s’agit d’un enfant qui souffre d’un ou de plusieurs troubles spécifiques d’apprentissage dans des domaines tels que le langage, la parole, la lecture, l’écriture et le calcul.
Cet enfant n’a pas de problèmes sensoriels et possède une intelligence normale.
Remarque: sur le terrain, on peut constater qu’il y a beaucoup d’enfants qui ont un Q.I très moyen ou qui viennent de milieux sociaux défavorisés. Il s’agit souvent aussi d’enfants dont la langue française n’est pas la langue maternelle et est mal connue. Enfin, parfois ce sont aussi des enfants qui souffrent de troubles caractériels.

Parcours précédent : souvent cet enfant a déjà un lourd passé dans l’enseignement ordinaire. Par lourd, j’entends qu’il a connu de nombreux échecs dont il a souffert. Il était considéré soit comme un perturbateur, soit comme l’enfant que l’on met au fond de la classe et que l’on n’entend pas. Il a peut-être déjà recommencé une ou deux années avant d’être orienté en type 8.

Les troubles instrumentaux en détail.

Quels sont ils?  
-Désordre de la pensée spatiale : confusion bas-haut, gauche-droite…

-Altération de la notion du temps : hier-demain, soir-matin…

-Dominance cérébrale motrice insuffisante, contradictoire (latéralité croisée) ou nulle : l’enfant devrait avoir une main, un œil, une oreille et un pied « préférés ».

-Troubles du schéma corporel : l’enfant n’a pas une bonne prise de conscience de son corps.

-Désordres de la motilité : maladresse grossière ou troubles de la motricité fine.
Remarque: ces troubles ne sont pas forcément tous présents et ils peuvent également apparaître avec des intensités différentes.
 
Par quoi se manifestent-ils? 
Voici les quelques exemples principaux :

-Les troubles de la perception auditive provoquent des troubles du langage oral : problèmes articulatoires, désorganisation du langage.

-Les problèmes d’organisation spatio-temporelle provoquent un échec dans l’apprentissage de la lecture et/ou du calcul: dyslexie, dysorthographie, dyscalculie.

-Les problèmes de motricité provoquent des problèmes tels que la dysgraphie.

-Une mauvaise latéralisation, des troubles de la perception visuo-spatiale et une mauvaise perception du schéma corporel provoquent des problèmes dans le passage de la langue orale à la langue écrite: dysorthographie, dysgraphie. 
En plus des problèmes tels que la dyslexie, dysorthographie, dyscalculie… se joignent une série d’autres manifestations.
=>Au début de la vie- Souvent l’enfant a marché tard.
– Il n’est pas très habile pour s’habiller seul.
– Il n’est pas très habile pour jouer avec un ballon, dessiner colorier…
– Souvent, il parle tard.
– Il met plus de temps que les autres à trouver des repères d’espace et de temps.

=>A l’école maternelle

– Confusion figure/fond : il a du mal à distinguer la couleur ou la forme de certains objets, dessins ou signes.
– Il discrimine mal les sons complexes.
– Il est remuant et a des problèmes d’attention.

=> A l’école primaire

– Il est difficile, perturbateur, distrait.
– Il est lent dans les apprentissages.
– Des problèmes d’attention persistants, un faible pouvoir de concentration, parfois de l’hyperactivité.
– Il présente également des troubles de la mémoire.
– Les troubles psychomoteurs sont toujours présents: manque de coordination dynamique générale (maladresse, lenteur, brusquerie, dysgraphie…).

Remarque : il faut préciser que tous les problèmes énoncés ci-dessus ne sont pas présents en même temps chez tous les enfants qui souffrent de troubles instrumentaux. Chez chaque individu, les  » symptômes « présents sont en nombre différent et d’intensités différentes. 
Peut-on  » guérir  » les troubles instrumentaux ? 
Les troubles instrumentaux sont à la base de troubles spécifiques d’apprentissage tels que la dyslexie et ne se guérissent pas.

Il est possible de les travailler pour les amoindrir par la logopédie, la psychothérapie,la psychomotricité,et la pédagogie.
Mais il y aura toujours des  » séquelles « .
Même si on peut efficacement traiter les troubles spécifiques comme la dyslexie, les troubles instrumentaux seront toujours présents.
Et les médicaments? 
Le traitement médicamenteux ne remplace pas les autres traitements
(avec les logopèdes, psychomotriciens, professeurs…),mais il leur est complémentaire. Il est souvent utilisé dans le traitement des troubles spécifiques tels que l’hyperactivité.

Après une longue observation, des examens, des tests, la décision de compléter les autres traitements par des médicaments peut être prise.
Les médicaments peuvent être un appoint utile, voire indispensable dans l’efficacité et la rapidité d’action des autres traitements.

Remarque: ces médicaments ne sont pas à prendre à la légère.
Les traitements doivent être suivis de près par le médecin!
 
En quoi les parents peuvent-ils apporter une aide dans le traitement des troubles?
          D’un point de vue général 
-Les parents sont rarement de bons thérapeutes, même lorsqu’ils possèdent une formation adéquate.
Ils sont trop directement concernés à cause des liens qui les unissent à l’enfant. De plus, l’enfant lui-même, a souvent tellement peur de ne pas être à la hauteur des espoirs de ses parents, qu’il en perd tous ses moyens.

– Néanmoins, ils ont un rôle très important à jouer dans l’efficacité des traitements.
Sans réactions adéquates de leur part, les traitements des thérapeutes seraient rendus moins efficaces.
Ces réactions adéquates consistent essentiellement à aimer l’enfant, le soutenir, lui faire confiance, l’encourager, donc l’aider pour que sa relation avec la langue ne soit plus un combat pénible.
Au besoin, ils peuvent se faire aider par un psychologue, pour mieux affronter la situation de manière sereine et constructive. 
          Au niveau de la confiance en soi
Le mot-clé du rôle des parents serait sans doute  » lui donner confiance en lui  » car ce problème affecte les capacités de l’enfant à apprendre mais aussi son comportement

-Les parents ont une place de premier choix pour aider l’enfant à se sentir capable de quelque chose.
-Il faut se consacrer à lui, lui demander ce qu’il veut faire pendant ses temps libres pour trouver quelque chose qui lui ferait plaisir, une source de joie qui se répéterait afin de lui redonner confiance en lui.
Cette activité peut être du sport, les mouvements de jeunesse,…où il se sentirait capable de réussir.
– Même si parfois les parents sont déçus parce que l’enfant n’atteint pas leurs espérances au niveau scolaire, il faut qu’ils adoptent une attitude compréhensive et encourageante.

Remarque
En aucun cas, il ne faudrait qu’ils choisissent les activités valorisantes des enfants comme chantage à la réussite scolaire.
Les priver de telles activités en cas d’échec scolaire, ne ferait que renforcer le sentiment de frustration face à l’échec car le plaisir de l’enfant doit être compensé par un effort qu’il ne pourra faire. 
        Quelques conseils pratiques donnés par un membre de l’ « European Children in Crisis ».
-Vous connaissez votre enfant mieux que n’importe qui.
Si vous pensez que quelque chose ne va pas, c’est sans doute vrai.
Si vous soupçonnez qu’il a un problème scolaire, ne fermez pas les yeux. Prenez rendez-vous pour une évaluation chez une personne qualifiée après en avoir discuté avec le professeur.
=> Si tout est normal, vous et votre enfant serez rassurés. Si l’on diagnostique des troubles, vous serez soulagé de savoir exactement à quoi vous en tenir.

-Faites de votre maison un lieu sécurisant et encourageant.

-Encouragez tous les talents que votre enfant peut avoir dans le domaine des beaux-arts, du sport ou de la musique. Faites-lui sentir qu’il peut réussir au moins dans un domaine de la vie. Les activités en petit groupe peuvent l’y aider.

-Ne parlez jamais devant votre enfant de ses troubles d’apprentissage sans le faire participer à la conversation.

-En valorisant votre enfant, vous l’encouragerez à adopter des comportements positifs. Souvenez-vous que votre enfant est davantage normal que différent. Mettez ses points forts et ses aptitudes personnelles en valeur.

-N’oubliez jamais qu’un enfant présentant des troubles de l’apprentissage a d’abord besoin de la même chose que tout autre enfant : d’amour, d’acceptation, de protection, de discipline et de liberté pour grandir et pour apprendre.

-Préparez-vous à aider votre enfant à faire ses devoirs à la maison, sinon faites prendre en charge ce soutien par un enseignant spécialisé.

-Restez en permanence en contact avec les enseignants.

-Enseignez à votre enfant à faire et à défaire son cartable et à ranger son plumier. Ne partez pas du principe qu’il apprendra à le faire tout seul mais apprenez-lui à devenir autonome.

-Adoptez une démarche fondée sur le bon sens. Si un enfant en train d’écrire vous demande de l’aide pour l’orthographe d’un mot ou pour une question grammaticale, répondez-lui pour lui permettre de continuer son travail. C’est également valable pour les maths. Répondez à sa question en vous assurant qu’il a bien compris la marche à suivre pour résoudre le problème.

-Organisez-vous pour avoir le temps d’écouter votre enfant.
Dans une atmosphère détendue, donnez-lui la possibilité de parler de ce qui s’est passé pendant la journée ou de vous confier ses préoccupations.
Les problèmes paraissent beaucoup plus légers quand on peut en parler à une personne compatissante.

-Contactez des associations locales d’aide aux parents ou toute autre organisation sensible au problème de votre enfant.
C’est très réconfortant de savoir que votre famille n’est pas la seule à soutenir un enfant qui a des troubles d’apprentissage, et vous en retirerez beaucoup de renseignements et d’encouragements très précieux.
En quoi l’enfant lui-même peut-il apporter une aide dans le traitement?
            D’un point de vue général
Le rôle de l’enfant dans sa thérapie consiste surtout à essayer de s’organiser, de se motiver, de ne pas laisser tomber les bras et de se laisser aider par d’autres (parents, thérapeutes, professeurs, amis…).
-Quelques conseils pratiques donnés par un membre de l’ « European Children in Crisis ».
Chacun apprend différemment.
 
-Apprenez à connaître votre propre manière d’apprendre.
De quelle manière apprenez-vous plus facilement : par la vue, par l’écoute ou par l’expérience?
Comment se prendre en charge soi-même ?
 
-Copiez votre emploi du temps autant de fois qu’il est nécessaire pour l’afficher dans toute la maison : dans la cuisine, dans votre chambre et partout où vous faites vos devoirs.

-Vérifiez que vous avez sur vous le numéro de téléphone d’au moins deux de vos camarades qui pourront vous répéter le programme de travail à faire à la maison si vous ne l’avez pas correctement noté.

-Le soir, avant de vous coucher, préparez votre sac d’école avec tout ce qu’il vous faut pour le lendemain : cela vous garantira de commencer calmement la journée.

-Apprenez à connaître votre rythme naturel. N’essayez pas de faire vos devoirs au moment où vous êtes fatigué, quand vous avez faim ou quand vous avez un moment difficile pendant la journée.

-Essayez de vous ménager un coin tranquille à la maison , avec le minimum de distractions pour faire votre travail en paix.

-Lorsque vous avez de longues listes de devoirs et de leçons à préparer, décomposez-les en plus petites unités et faites des pauses fréquentes. 
A l’école
 
-Asseyez-vous à l’avant de la classe et loin de la fenêtre pour éviter d’être distrait.

-Ne craignez jamais de signaler à votre enseignant que vous ne comprenez pas quelque chose. Il y a toujours quelqu’un d’autre dans le même cas et qui a peur de le dire.

-Souvenez-vous que si le fait de souffrir de troubles d’apprentissage est peut-être la raison pour laquelle le travail scolaire vous paraît difficile, ce n’est pas une excuse pour ne pas faire de votre mieux.

-Travaillez avec vos parents ou votre professeur pour développer votre capacité à apprendre, surtout au moment de préparer vos examens. 
           Pour les plus grands :
 
-Pendant les cours prenez des notes en vous inventant des abréviations et des procédés mémotechniques pour enregistrer les informations et vous en souvenir plus facilement.

-Enregistrez vos cours sur magnétocassettes et réécoutez-les quand vous vous sentez tranquille et que vous pourrez assimiler davantage de choses.

-Utilisez un ordinateur et perfectionnez-vous en traitement de texte : cela peut être beaucoup plus facile et rapide de taper un texte que de l’écrire à la main. Après vous être relu, utilisez le vérificateur d’orthographe pour corriger vos fautes. 
 
Les origines des troubles instrumentaux 
Il y a de nombreuses hypothèses quant aux origines des troubles instrumentaux.

Dans ces origines, il y a deux grands courants de pensée opposés

=> Il y a ceux qui sont partisans de l’idée que les troubles instrumentaux sont innés
=> Et d’autres qui sont partisans de l’idée que ces troubles sont acquis au cours de la vie

Au sein de ces deux courants de pensée, il y a de multiples théories parfois très différentes. Je vais essayer dans cette partie du chapitre, d’en brosser quelques-unes. 
L’intelligence n’est pas en cause.  
Sur ce point, tous les spécialistes sont d’accord pour dire que l’intelligence n’est pas à l’origine des troubles instrumentaux.

Certains enfants atteints de troubles instrumentaux, sont capables de suivre dans l’enseignement ordinaire. Chez ces enfants, les troubles instrumentaux handicapent peu leur fonctionnement global ; ou bien ils compensent ces difficultés par leur intelligence, un grand pouvoir d’adaptation et une personnalité équilibrée.

Il faut donc préciser qu’en général, les enfants qui se trouvent en enseignement de type 8, ont un QI moyen, rarement très élevé (si c’était le cas, ils pourraient rester en ordinaire.) 
Une origine organique n’est pas en cause non plus.  
Il est évident que l’on ne peut pas parler de troubles spécifiques d’apprentissage en cas de cécité ou de surdité.

Il est fréquent que des parents s’inquiètent d’un retard dans l’apprentissage de leur enfant, et qu’il ne s’agisse que d’un problème de vue ou d’ouïe.
Il faut savoir qu’en 1997, sur 4000 enfants du Brabant Wallon testés visuellement, 10% étaient porteurs d’anomalies visuelles.

Un enfant qui voit mal ou qui entend mal peut commettre des erreurs semblables à celles d’un enfant qui souffre de troubles instrumentaux.
La différence, c’est qu’il est possible d’y remédier par des lunettes, appareils auditifs et d’autres systèmes tandis que des troubles instrumentaux ne se solutionnent pas par l’intermédiaire d’un  » outil « . 

Une cause neurologique?  
On a remarqué certaines particularités anatomiques (structure) et physiologiques (fonctionnement) du cerveau des enfants « instrumentaux ».

=>Les particularités anatomiques:

1. On a découvert des cellules ectopiques dans le cerveau des dyslexiques.

2. Une symétrie dans les tissus du pôle temporal du cerveau a également été mise en évidence alors qu’elle n’existe pas chez les non-dyslexiques.

=>Les particularités physiologiques:

1. Certains parlent d’une atteinte cérébrale mineure : choc néo-natal, accouchement difficile, jaunisse sévère, méningite, traumatisme psychologique…

D’autres admettent que les troubles qui résultent de ces atteintes cérébrales sont identiques à ceux des enfants souffrant de troubles instrumentaux, ils admettent également que les traitements sont quasiment identiques, mais ils pensent que l’on ne pourra pas parler de dyslexie, dysorthographie… En effet, tous les enfants souffrant de troubles instrumentaux n’ont pas subi une atteinte cérébrale.

2. Une immaturité du système nerveux central : l’enfant n’était pas encore prêt à faire certains apprentissages qu’on lui impose. Il traînera ses échecs jusqu’à ce qu’ils deviennent une dyslexie, dyscalculie…

3. Un problème de distribution des activités du cerveau.
Au cours de l’apprentissage de la lecture, les débutants font appel à l’hémisphère droit du cerveau et les lecteurs expérimentés font appel à leur hémisphère gauche.
Chez les dyslexiques, on remarque qu’ils passent de l’un à l’autre.

4. Un nombre insuffisant de cellules adéquates en certains emplacements.
Une autre théorie se base sur le fait qu’un nombre insuffisant de cellules adéquates en certains emplacements empêcherait le cerveau de recevoir de gros volumes d’informations.

Remarque : aucune de ces théories (toutes fort différentes) n’a encore pu être établie avec certitude. Mais aucune n’est à rejeter puisque rien n’a encore pu les infirmer.
 
Une cause génétique?  
Dans certaines familles, on constate qu’il y a plusieurs membres qui souffrent de troubles instrumentaux.
Dans le cas de vrais jumeaux, si l’un en souffre l’autre en souffrirait aussi .

Après avoir mis le chromosome 6 en évidence, les scientifiques parlent d’anomalies au niveau du chromosome 15.
Ce chromosome serait responsable d’un retard du développement cérébral chez le fœtus qui provoquerait une absence de latéralité.
Les troubles tels que la dyslexie pourraient donc parfois être d’origine héréditaire, indépendamment de facteurs sociaux ou socio-économiques. 
Un facteur social?  
           1. Situation familiale et/ou troubles affectifs.

-Un décès, divorce mal vécu…L’enfant manque de points de repères, et perçoit le monde de manière floue, désorientée.

– Des familles où l’enfant doit se taire, où les paroles des parents sont constituées d’interdictions, chargées d’agressivité. A l’école, l’enfant va se renfermer, ou, à l’opposé, présenter des troubles du comportement. Il peut vivre cette situation de façon traumatisante. Le développement psychologique de l’enfant pourrait en devenir plus difficile et d’autres troubles peuvent alors apparaître.

– Des familles où l’on parle très peu et dont l’essentiel de la communication s’établit sur un mode non langagier. Au niveau du développement psychologique, le problème est identique au cas précédent. De plus, un manque de communication verbale n’est pas un facteur favorisant le développement du langage. Il y a donc aussi un manque de stimulation dans le développement de l’enfant.

– Une famille qui surprotège l’enfant. Ici aussi, un manque de stimulation peut être important. Ce manque pourrait venir du fait que l’on fait tout à la place de l’enfant, qu’il n’a pas le droit de faire ses propres expériences de peur qu’il ne se blesse, qu’il souffre d’un manque d’indépendance… De plus, une frustration importante peut apparaître si les exigences des parents par rapport à leur enfant sont trop grandes. L’enfant essayera d’y satisfaire mais n’y parviendra pas forcément…

– On compterait un grand nombre de dyslexiques dans les orphelinats et hôpitaux.

– Un rapport à l’autorité qui est perturbé provoque chez l’enfant le refus de tout ce qui est arbitraire. Tout ce qui est scolaire peut paraître arbitraire. En quelque sorte, la lecture est une matière très arbitraire puisqu’elle impose des règles inchangeables, très strictes, à respecter (une structure rigoureuse, des signes imposés, lus dans un certain ordre, …)

– Un déracinement culturel, un trop grand nombre de changements de pays pourraient aussi perturber le développement de l’enfant, provoquer un manque de repères, un manque de structures…

          2. Un manque de stimulation

Pour qu’un enfant puisse bénéficier d’un bon développement, il faut qu’il y ait des éléments qui stimulent des apprentissages.
Il est évident que ce n’est pas en mettant un enfant dans une pièce seul et sans jouets, qu’il pourra faire des apprentissages importants. Donc il est possible de penser qu’un manque de jeux, un entourage qui ne parle que rarement ou très mal, un entourage d’une intelligence limitée, soient des facteurs qui ne favorisent pas la stimulation pour les apprentissages nécessaires au bon développement de l’enfant.
 
Des méthodes inadaptées d’enseignement?  
Certaines méthodes de lecture, le rythme imposé…
Si on considère que certains enfants sont prédisposés aux troubles d’apprentissage, on peut penser que des méthodes d’enseignement inadaptées peuvent favoriser ces troubles.
La méthode ne créerait pas ces problèmes mais favoriserait le développement de ceux-ci.
Avec une méthode d’enseignement adaptée, on aurait alors pu minimiser ces problèmes.

Remarque : les méthodes de lectures conseillées pour les enfants du type 8 sont donc les méthodes gestuelles car elle sont plus sécurisantes et permettent une reconnaissance auditive et visuelle en syllabation.
Cela peut permettre d’éviter des inversions. 

La gaucherie n’est pas en cause.  
Comme nous l’avons vu précédemment, une des caractéristiques des troubles instrumentaux c’est le problème de latéralité. On pourrait dès lors se demander si le fait d’être gaucher ne joue pas un rôle dans les troubles de latéralisation.

L’être humain a tendance à écarter les bras du centre du corps vers l’extérieur de façon spontanée. Il est donc logique, qu’au début des apprentissages en écriture, le gaucher écrive de droite à gauche et qu’il écrive certains chiffres (2,3,5…) ainsi que certaines lettres (S,N) en miroir.

Mais ces petits problèmes disparaissent relativement rapidement chez les enfants  » normaux « .
On peut également constater qu’il n’y a pas une plus grande proportion de gauchers qui souffrent de problèmes instrumentaux que de droitiers. 
Le bilinguisme?  
Dans la plupart des cas, le bilinguisme précoce ne pose pas de problème majeur. Mais dans certains cas, l’enfant n’en tire pas profit.
Comme pour les méthodes d’enseignement, il ne serait pas la cause de troubles d’apprentissage mais pourrait les aggraver en cas de prédisposition.

Remarque : dans une éducation bilingue, il vaut mieux que chaque parent parle sa langue maternelle et éviter le mélange des deux langues.
De cette manière on évite un maximum de confusions chez l’enfant dans les deux systèmes de langage. Cela évite également aux parents de communiquer leur manque d’assurance dans l’autre langue que leur langue maternelle. 

Mon avis…  
Toutes ces origines possibles prises à part sont séduisantes.
Lorsqu’on essaye d’avoir un regard sur l’ensemble, les contradictions apparaissent et le problème semble moins évident à résoudre.

C’est pour cela que je pense qu’il ne faut rien rejeter mais tenter d’avoir un regard global sur ces origines possibles.
Il n’y a pas une origine unique mais chaque cas est un assemblage d’une ou de plusieurs origines.

En effet, même si les problèmes instrumentaux peuvent avoir une provenance neurologique, il ne faut pas oublier que les troubles instrumentaux sont en étroite relation avec la vie émotionnelle de l’enfant. Des troubles qui étaient peut-être légers au départ, peuvent s’en trouver aggravés par des troubles du comportement, des troubles affectifs et autres qui découlent eux-mêmes des problèmes causés par ces troubles instrumentaux. Donc, on ne peut pas séparer les causes internes (anatomiques) des causes externes (psychiques) puisqu’elles dépendent les unes des autres. En observant de façon objective les enfants qui fréquentent l’enseignement de type 8, on peut constater dans de nombreux cas qu’il a peut-être des causes neurologiques mais qu’elles sont accompagnées d’une intelligence moyenne, de raisons extérieures comme un climat familial défavorable ou un milieu social défavorisé…, et que souvent les parents eux-mêmes ont vécu une scolarité difficile (parfois ils ont fréquenté la même école ou une autre école de type 8).